La nuit a froid sans nous, sans nos lèvres enflammées
Le ciel se meurt d’ennui dans l’absence des amants bleus
Et les nuages singeant les corps maigres et nus,
Tombent en poussière comme un tissu oublié dans le grenier de Dieu,
Pauvre étole d’or, souvenir douloureux.
Les sentiers dégoulinent leur boue infâme
Et les champs d’azur pourrissent à même la terre.
Quelque part, un homme lit peut-être ou les écrit
Ces mots au profond parfum de passion ;
Loin, moi, sa femme, son amour,
J’étouffe dans un anneau maudit.
Le silence étend déjà son règne de cendre,
L’horrible silence, souffle de l’absence éternelle
Qui crie, hurle et écorche les âmes hier encore si belles :
Deux cœurs en berne flottent au vent d’un été assassin.


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