Je n’ai pas grand-chose à te dire, je n’ai plus ma voix.
Les silences remplis, les soupirs retenus, tout est là.
Je tente de dormir, n’y arrive pas.
Tu as éteint le firmament, il fait froid.
Je me regarde, ne me reconnais plus.
Ces étoiles que je vois, tout au fond de mes yeux,
N’ont pas de place dans les cieux.
Cette eau qui pleure à la fissure d’une pierre,
N’a jamais encore rencontré la terre.
Je me regarde, ne me reconnais plus.
Mon visage ressemble tellement au tien.
Suis-je un peu morte dans tes mains ?
Je voudrais des déjà, des encore et des reviens,
Des maintenant et des demain.
J’aimerais vibrer le jour, sans plus aucune retenue,
Comme je tremble la nuit quand tu me mets à nu.
Donne-moi ce repos après la guerre,
Emmène-moi si près des chaudes lumières.
Mais tu dois dormir
et moi me retenir.
Il n’y a pas de porte, je ne la trouve pas.
Je suis restée dans un couloir, tu n’y es pas.
Et je tourne, je tourne… et je sombre.
Le sommeil n’est pas dans ma pénombre.
Je l’aperçois au creux de tes bras
Ce corps qu’on ne voit pas
Que tu serres tout contre toi :
Il ne peut être qu’à moi.
Je ne veux plus des ‘hier’, des ‘avant’,
Je ne veux plus des ‘un jour’, des ‘attends’.
Je n’ai pas besoin de te dire, tu sais déjà.
Il suffit de fermer les yeux et tu es là.
Dans nos nuits de satin,
Je deviens la vierge et la putain.
Et je tourne, je tourne,
tu me prends puis te retournes.
La nuit a déjà bien pâli.
Il est temps que j’entre dans ton lit.
Il est l’heure de chasser les fantômes
Et de rejoindre les rêves d’un homme.
Les yeux maintenant sont lourds
Ils sont remplis d'amour
Margod.