Correspondances

où es la boussole?

le 26/11/2005 à 19h50
 

 

Bagdad se meurt et cela ne m’étonne pas.

L’oliban emporte les derniers aveux

Je nous pleure et une ville se noie.

Au loin on entend une voix comme un adieu.

 

Ici, sous la neige glacée, dans le silence,

Mes mots d’amour dorment-ils ou sont-ils timides ?

Des lumières d’acier fusent, cœur en partance

Eteintes les vertes lunes, une voie me guide.

 

Bagdad est en feu et peu m’importe

Tu n’es pas derrière ma porte.

soir étrange....

le 20/11/2005 à 02h35

Ce soir, une lune amoureuse attendait

Que tu lui rendes sa lumière et sa fièvre.

Elle t’a regardé lentement t’approcher

Et n’espérait que de s’embraser sous tes lèvres.

 

Ces collines timides mais fières

Qui dardent sous ta langue, leurs cimes,

Les as- tu aperçues se complaire

Sous les audaces de tes explorations intimes ?

 

Quand la forêt si bien cachée au creux

D’un ventre s’incendie de désir,

Entends-tu cet aveu langoureux

Qu’elle offre et qu’elle soupire ?

 

N’as-tu  pas senti la ronde volupté

De ses plus secrets et ruisselants rivages ?

N’as-tu pas vu la rivière déborder

Sous l’assaut des coups de tes orages ?

 

Pourras-tu épouser les méandres qui s’étirent

Et puis se courbent et attendent de mourir ?

Il faut chevaucher longtemps pour y parvenir ;

Dans un rythme endiablé, pourvoir se contenir.

 

Fondras-tu ton ventre dans son corps,

Quand sa nuque se redresse ferme et droite ?

Voudras-tu donner et puis dire encore,

T’offriras-tu à une rivière aux berges étroites ?

 

Verras-tu les sillons, demain, sur ton dos écorché

Par des doigts en détresse et qui te blessent ?

Diras-tu au soleil que la lune a hurlé

Pour un coup d’épée qui la traverse ?

 

Porteras-tu en ta mémoire ces heures

Où un corps s’irradie de tes mises à feu ?

Reviendras-tu en ces grottes aux couleurs

Sombres, aux contours humides et soyeux ?

sans toi, avec toi

le 19/11/2005 à 21h29

J’aime les choix qui ne sont pas toujours récompensés.

J’aime ce silence qu’on n’attendait pas mais qui est.

J’aime désirer dans l’attente non couronnée d’une rencontre

J’aime quand le hasard choisi une autre montre.

 

Permettre qu’une nuit soit réticente à mes espoirs

Laisser qu’il n’y ait que mon image dans le miroir.

Espérer jusqu’à l’aube s’il le faut, mais espérer

Mourir dans l’absence mais vivre pour réparer.

 

J’aime le sel qui reste sur une joue qui voulait des baisers

J’aime le sanglot qui ne parvient pas à me briser.

J’aime la peur qui prend l’ascenseur vers l’effroi

J’aime l’envie qui reste envie et où je me noie

 

Donner des excuses inutiles à celui qui est innocent ;

Verser une eau de cristal qui remplace le sang

Se taire jusqu’à en vouloir hurler sa rage et son désarroi

Apprendre aussi les nuits et les jours sans toi.

 

J’aime cette mélodie, couteau dans une plaie béante

J’aime cette voix qui résonne sans son, suppliante

J’aime cette nuit qui commence sans un bruit

J’aime la musique qui fracasse ma pauvre nuit.

 

M.

Je ne peux pas dormir...

le 19/11/2005 à 02h30
Je n’ai pas grand-chose à te dire, je n’ai plus ma voix.

 Les silences remplis, les soupirs retenus, tout est là.

Je tente de dormir, n’y arrive pas.

Tu as éteint le firmament, il fait froid.

Je me regarde, ne me reconnais plus.

Ces étoiles que je vois, tout au fond de mes yeux,

N’ont pas de place dans les cieux.

Cette eau qui pleure à la fissure d’une pierre,

N’a jamais encore rencontré la terre.

Je me regarde, ne me reconnais plus.

Mon visage ressemble tellement au tien.

Suis-je un peu morte dans tes mains ?

Je voudrais des déjà, des encore et des reviens,

Des maintenant et des demain.

J’aimerais vibrer le jour, sans plus aucune retenue,

Comme je tremble la nuit quand tu me mets à nu.

Donne-moi ce repos après la guerre,

Emmène-moi si près des chaudes lumières.

Mais tu dois dormir

et moi me retenir.

Il n’y a pas de porte, je ne la trouve pas.

Je suis restée dans un couloir, tu n’y es pas.

Et je tourne, je tourne… et je sombre.

Le sommeil n’est pas dans ma pénombre.

Je l’aperçois au creux de tes bras

Ce corps qu’on ne voit pas

Que tu serres tout contre toi :

Il ne peut être qu’à moi.

Je ne veux plus des ‘hier’, des ‘avant’,

Je ne veux plus des ‘un jour’, des ‘attends’.

Je n’ai pas besoin de te dire, tu sais déjà.

Il suffit de fermer les yeux et tu es là.

Dans nos nuits de satin,

Je deviens la vierge et la putain.

Et je tourne, je tourne,

tu me prends puis te retournes.

La nuit a déjà bien pâli.

Il est temps que j’entre dans ton lit.

Il est l’heure de chasser les fantômes

Et de rejoindre les rêves d’un homme.
Les yeux maintenant sont lourds
Ils sont remplis d'amour

 

Margod.

 

 

bonne nuit

le 17/11/2005 à 00h28
PARLE-MOI DE NOUS
 


Parle-moi tout bas
Parle-moi de toi
Parle-moi de nous
Des hauts et des bas
De la vie qui va
Des riens qui font tout
Parle-moi des choses
Que jamais l'on n'ose
Se dire entre nous
Indéfinissables
Petits grains de sable
Dont je suis jaloux

Parle parle parle-moi de toi
Parle-moi de nous

Parle-moi des peines
Qui parfois nous viennent
On ne sait trop d'où
Comme ces étoiles
Qui filent leurs toiles
Dans la nuit d'août
Quels rêves t'entraînent
Quand l'aube incertaine
Vient à pas de loup
Vérité mensonge
La vie est un songe
A dormir debout

Parle parle parle-moi de toi
Parle-moi de nous

Dans ce monde atroce
Où l'homme féroce
Pour l'homme est un loup
Le ciel de l'Ardèche
Est comme une pêche
Au-dessus de nous
Garde-moi ma place
Ce havre de grâce
Entre tes genoux
Où se désaltèrent
A ta source amère
Mes rois et mes fous

Parle parle parle-moi de toi
Parle-moi de nous
 
 Jean Ferrat

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