Correspondances

Sorry pour l'auteur.....;)

le 10/11/2005 à 17h57
Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe pleine
 
Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ;
Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ;
Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli ;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux ;
Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;
Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années :
- Passez ! passez toujours ! je n'ai plus à vieillir !
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre !
Mon coeur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !
 
Victor Hugo

http://www.geocities.com/chlem.geo/noster.htm

 

Le suivant parait anodin pour certains

mais pour nous qui l'avons écouté coeur dans les mains

n'est-il pas devenu divin?

Paris at night

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras
Jacques Prévert

adieu au passé, bonjour au futur?

le 05/11/2005 à 19h20

Aujourd’hui, le vent fouette mes campagnes et le soleil, pâle et timide, semble faire un pied de nez aux nuages grotesques de leur impuissante noirceur. Les arbres se décoiffent toujours un peu plus comme s’ils voulaient s’offrir dans leur seule écorce tordue au galop de l’hiver.



Aucune tendresse dans mes yeux, pour admirer cette nature spontanée et capricieuse. Mes pensées, comme à leur habitude, étaient en voyage. Les simples amputations aux traces de notre passé auront besoin du temps et du travail de la mémoire pour accepter qu’il n’est aucune victoire sans sacrifice. Tes mots effacés dansent dans le désordre et un pincement que je ne peux éviter fait jaillir des larmes de tristesse. Il est seize heures à mon cadran, et je relis les mots qui ne s’adressaient jamais qu’à toi. Et voilà que mes yeux redécouvrent un petit bout de nous, une de tes piques ironiques. Un sourire s’esquisse. C’est rassurant : nous avons toujours été comme les vagues …. Alors je te fais ce clin d’œil !

 

La mort d’un perroquet

Petit clin d’œil à quelqu’un que j’aime énormément

 

Mon oiseau au plumage de cristal

S’amuse, du haut de son piédestal,

A me siroter au fil des saisons,

Que je ne sais me remettre en question.

Pour ne rien dire tais-toi, volatile,

Prends garde, ta vie tient à mon fil!

Mais cet ara de malheur, ce nigaud

S’obstine tel un pauvre grelot.

Alors, empoignant un très vieux lacet,

D’un geste  je pends le perroquet.

 

Moi ,

PERROQUET DE SERVICE

CHOISISSANT DE SE TAIRE



DEVANT SON MAITRE





LE ROC.

Sur ce roc carié que ronge et bat la mer,
Quels pas voudront me suivre encor, dites, quels pas ?
C'est là que j'ai bâti mon âme.
- Dites, serai-je seul dedans mon âme ?
Mon âme, hélas ! maison d'ébène,
Où s'est fendu, sans bruit, un soir,
Le grand miroir de mon espoir.
Dites, serai-je seul avec mon âme,
En ce nocturne et angoissant domaine :
- Serai-je seul avec mon orgueil noir,
Assis en un fauteuil de haine ?
Serai-je seul, avec ma pâle hyperdulie
Pour Notre-Dame la Folie ?
Serai-je seul avec la mer
En ce nocturne et angoissant domaine ?
Des crapauds noirs, velus de mousse,
Y dévorent du clair soleil, sur la pelouse.
Un grand pilier ne soutenant plus rien,
Comme un homme, s'érige en une allée
D'épitaphes de marbre immensément dallée.
Sur ce roc carié que fait gémir la mer,
Dites, serai-je seul dedans mon âme ?
Aurai-je enfin l'atroce joie
De voir, nerfs par nerfs, comme une proie,
La démence attaquer mon cerveau,
Et, malade têtu, sorti de la prison
Et des travaux forcés de sa raison,
D'appareiller vers un espoir nouveau ?
Dites ! ne plus sentir sa vie escaladée
Par les talons de fer de chaque idée ;
Ne plus l'entendre infiniment en soi
Ce cri toujours identique, ou crainte, ou rage,
Vers le grand inconnu qui dans les cieux voyage.
Sur ce roc carié que dévaste la mer,
Vieillir, triste rêveur de l'escarpé domaine ;
N'entendre plus se taire, en sa maison d'ébène,
Qu'un silence total dont auraient peur les morts ;
Traîner de longs pas lourds en de sourds corridors ;
Voir se suivre toujours les mêmes heures,
Sans espérer en des heures meilleures ;
Pour à jamais clore telle fenêtre ;
Tel signe au loin ! - un présage vient d'apparaître ;
Autour des vieux salons, aimer les sièges vides
Et les chambres dont les grands lits ont vu mourir,
Et, chaque soir, sentir, les doigts livides,
La déraison sous ses tempes, mûrir.
Sur ce roc carié que ruine la mer,
Dites, serai-je seul enfin avec la mer,
Dites, serai-je seul enfin dedans mon âme ?
Et puis, un jour, mourir ; redevenir rien.
Etre quelqu'un qui plus ne se souvient
Et qui s'en va sans glas qui sonne,
Sans cierge en main ni sans personne,
Sans que sache celui qui passe,
Joyeux et clair dans la bonace,
Que l'angoissant domaine
Qui fut mon âme et fut ma peine
N'est plus sur ces rochers, là-haut,
Qu'un sombre et gémissant tombeau.

 

Emile Verhaeren

Shooting star....

le 03/11/2005 à 20h18
Strange travel

 

S’il est quelque part des contrées inconnues

Je veux m’offrir à elles

S’il est un amour plus pur que l’absolu

Je veux qu’il soit éternel.

 

Je pars d’ici et ignore jusqu’où j’irai :

Ce n’est pas cela qui importe

Mais la volonté qui me porte

à ne jamais m’arrêter.

 

Si tu es comme moi, un peu curieux,

Unissons nos ignorances

Pour pénétrer en ces lieux

Où forcément il y aura naissance.

 

J’oublie le temps, fais-en de même :

C’est un écran dérisoire

Qui nous cache la beauté suprême.

Si nous y vivions notre histoire ?

 

Si tu veux agir plutôt que subir

Plonge dans l’aventure.

Si tu as peur de ce qui est à venir

Prie pour que cela dure.

 

C’est qu’il y a une vie à vivre :

Elle essuiera des revers pénibles

Mais elle écrira le livre

De tous les merveilleux impossibles.

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