Correspondances

Soirée cinéma...pourquoi pas!

le 22/01/2006 à 00h50

Une soirée cinéma pour transformer une colère injustifiée en une réflexion et finalement sourire en se disant : j’aime la vie parce qu’elle me permet chaque jour de regarder le soleil. Con non ?
Donc, venons en à ce film : COLLATERAL !


Deux hommes que tout semble séparer sont en fait bien plus proches qu’ils ne le pensent. L’un, Vincent, tueur à gage de profession, et l’autre, Max, un chauffeur de taxi. Tous deux ont la même aspiration : changer de vie. Tous deux font du mal : le premier à autrui en tuant, le deuxième à lui-même en se tuant par refus d’agir pour réaliser ses rêves. Pourtant ils ont le choix. Ils arrivent même à se faire la leçon mutuellement se reprochant mutuellement leurs erreurs. (il est plus aisé de voir la paille qui est dans l'oeil de son voisin que la poutre que l'on a dans le sien.) Ils devront finir par faire leur propre autocritique.

Ces deux hommes se rencontrent à un point culminant de leur existence, quand on ne peut plus avancer, quand soit on vit soit on meurt. Tout le film se passe la nuit de la même manière que pour se trouver il faut aller dans les profondeurs de soi-même, dans le noir de l’introspection, de la réflexion ou du rêve. Cette absence de lumière, celle du soleil, celle de la vie doit se conquérir par la volonté de vivre ou d’agir donc de changer ou alors doit être abandonnée grâce au désir de se laisser mourir dans la solitude d’une nuit. Ce qui les unit dans cette nuit, c’est leur positionnement erroné face à des demandes essentielles : qui suis-je ? Pourquoi fais-je ce que je fais ?
Et ils vont le découvrir à l’aube, dans une clarté diffuse et vaporeuse, entre sang et fleurs, morts innocents et coupables en vie. La lumière ne réapparaîtra que lorsqu’ils auront accepté de reconnaître leurs erreurs, Alors seulement le soleil pourra se lever.
Ce la semblait pourtant une nuit comme les autres......sans rien de bien particulier....une journée qui devait prendre fin....Sauf quand on appelle son destin....il suffisait de presque rien pour que les personnages ne se rencontrent pas....Mais n'est-il pas dit qu'il n'y a pas de destin?

Désolé de vous ennuyer mais moi je me suis calmée et j'ai envie de faire un sourire.

Au passage, j'ai regardé le ciel, as-tu emmené  toutes les étoiles pour qu'il fasse moins noir? Et c'est moi qui ai peur du noir!?!

 

MARGOD

sourire

le 19/01/2006 à 13h00

 


Elles me rappellent tant une autre mise en abyme!

ALONE

From childhood's hour I have not been
As others were; I have not seen
As others saw; I could not bring
My passions from a common spring.
From the same source I have not taken
My sorrow; I could not awaken
My heart to joy at the same tone;
And all I loved, I loved alone.
Then-in my childhood, in the dawn
Of a most stormy life-was drawn
From every depth of good and ill
The mystery which binds me still:
From the torrent, or the fountain,
From the red cliff of the mountain,
From the sun that round me rolled
In its autumn tint of gold,
From the lightning in the sky
As it passed me flying by,
From the thunder and the storm,
And the cloud that took the form
(When the rest of Heaven was blue)
Of a demon in my view.

E. A. POE

clin d'oeil à La Pleiade...

le 18/01/2006 à 19h28

 TU SAIS POURQUOI.....

Baisers

Si tu veux que je meure entre tes bras, ma mie
Trousse l’escarlatin de ton beau pelisson
Puis me baise, me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce collet, m’amour, que je manie
De ton sein blanc le petit mont besson :
Puis me baise et me presse et me tient de façon
Que le plaisir comme nous enivre, ma vie.

L’un va chercher la mort au flanc d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom que l’on nomme honneur.

Mais, joy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse
C’est la gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon cœur.

Remy Belleau (1552)

une petite histoire...ordinaire

le 18/01/2006 à 14h19
Le renard et la mésange.

Un jour, un jeune renard, vint toiser
Une mésange au plumage azuré.
L’oiseau naïf aux plumes croisées
Voletait dessus des vers délurés.

‘Belle ailée, tu t’essouffles en vain.
Regarde dans la futaie, je suis l’ami
que te promis jadis l’ange divin ;
Pose ton panache où je suis tapi.’

‘Bel orateur fauve, qui donc es-tu ?
Jamais ma prunelle curieuse n’a
Rencontré une toison aussi touffue.
Es-tu coutumier de ses sombres bois ?’

‘Beau volatile, pourquoi seriner
telle sottise ? Je viens des ombres
où je me complais à me chagriner
des hommes et leurs viles décombres.’

‘beau pelage, tes crocs sont acérés
alors que ta voix est poétique.
Masquerais-tu de flamboyants secrets ?
Ma curiosité soudain me pique !’

‘Bel oiseau, je t’ai cherché
Cédant aux apprêts d’autres plumets.
Dis-moi le nom que si bien tu cachais
Quand mon cœur inconscient déjà t’aimait.’

‘Beauté rouge, je suis un oiseau sot
Aux plumes bleues, à la poitrine d’or.
Veux-tu me dévoiler le fond de tes mots
Et m’assurer que mon cœur n’a pas tort ?’

‘Mésange, je suis renard qu’on chasse,
mangeur d’oiseaux sots, jusqu’à aujourd’hui !
Dis-moi quel sort a pris soudain place
Dans une bête qui tue comme elle vit ?’

‘Renard, je l’ignore mais peut-être
que je t’apporte une essence nouvelle.
Je n’ai jamais eu à ce jour maître
Qui soutienne l’envol à tire d’ailes.’

‘Mésange, ma mésange, je t’en prie
Reste sur terre ou prends-moi sous ton aile.
Je te conterai l’éclat du paradis ;
je serai poète, ma toute belle !’

‘Renard, mon doux renard, prends garde
Aux beaux serments prêtés à l’innocente.
Il est un Dieu qui d’un œil me garde !
Que rien jamais ne vienne et te démente !’

Depuis, le renard et la mésange
Volent ou se terrent, peu importe !
Seuls, ils chantent les mêmes louanges.
Que vent du soir, un jour, vous les rapporte !

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